LE “MEMORIAL”
En 1947 fut votée la loi créant
le Mémorial National du Fort de Breendonk. Bien qu'une partie seulement
des prisonniers politiques belges ait connu Breendonk, la majesté
du site, son aspect dantesque devaient, dans l'esprit du législateur,
constituer le symbole perpétuant le souvenir des souffrances, des
tortures, de la mort de tant de patriotes belges.
Breendonk, quoique petit par rapport à
d'autres, fut un véritable camp de concentration où furent
utilisés et poussés à leur paroxysme les instruments
de la barbarie nazie.
En 2003, une rénovation en profondeur
du Mémorial était devenue indispensable afin de délivrer
au mieux notre message. Les objectifs étaient clairs : d’une
part, établir la réalité historique de la répression,
sa chronologie, ses victimes, tout en établissant clairement les
spécificités de la persécution raciale et de la persécution
politique et d’autre part, faire de Breendonk un outil de réflexion,
de discussion, d'enseignement applicable au contexte politique et social
actuel. Le XXe siècle témoigne suffisamment que, sous l'impulsion
d’idéologies politiques ou nationalistes et de fanatismes
religieux, cachant souvent des intérêts sordides, des foules
de citoyens impuissants à maîtriser le courant qui les emportait
se sont entre-tués et déchirés.
Le Mémorial est donc un magistral
cours d’Histoire mais aussi un outil à disposition de tous
et toutes pour comprendre les enchaînements logiques,
les dérives diverses qui mènent vers le totalitarisme et
les camps.
Il permet d’établir des parallèles
entre des situations historiques dont le monde à l’unisson
proclama « Plus jamais ça ! » et une actualité
mondiale où les mêmes ressorts émotionnels et propagandistes
sont utilisés en vue de manipuler l’opinion et de l’amener
dans les voies obscures de l’extrémisme.
Son rôle en matière d’éducation
à la citoyenneté est donc en première ligne
de nos préoccupations.
|